RICK OWENS, SISYPHUS

 

Sur une musique frisant l’électro choc, les modèles sillonnent le Palais de Tokyo dans des ensembles déstructurés, coupe net, quelques drapés, le buste nu qui va se couvrir petit à petit avec de très beaux manteaux.

Amples et sobres, en laine ou bi-matière, ou encore cloutés sur le poitrail et se fermant par de fines lanières de cuir.

Les pantalons sont larges ou taille très haute en forme baggy et poches zippées. Les pulls oversize sont pincés par ci par là pour maintenir les ondulations de la maille.

Des créatures tout droit sorties de la planète Owens, visage peint en blanc et mèche de cheveux collée, viennent se mélanger au bataillon. Ils portent des capes longues, à la ligne pure.

La collection est belle, architecturée, précise, mais le public ne peut s’empêcher de grimacer au fur et à mesure que le show progresse, un effort surhumain pour les oreilles.

Un parti pris par le designer pour illustrer l’absurde. Sisyphe, l’homme astucieux condamné par Zeus à s’abrutir à rouler un rocher jusqu’en haut d’une montagne, qui en redescendait juste avant d’arriver au sommet.

Même si les aficionados de Rick Owens attendent avec impatience l’hiver prochain, ils ressortent du show comme, électrocutés…

Sacré Rick !

Photo Vincent Lappartient

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