Jantaminiau:Un secret d’horlogers

Au centre du cadran : c’est ici que tout se noue ; ce point de pivot immobile d’où les secondes se jettent en orbite. Très peu de gens le savent : il est imperméable au temps.

Un jour, stupidement, sans doute par défi, je me suis mis en tête de fixer du regard ce fameux centre. Je ne le quittais pas des yeux. Secondes, minutes, heures. – A cheval sur ma trotteuse, je tournais je tournais je tournais. – Jours, semaines, mois, années. Qui sait, peut-être finirais-je par percer un quelconque mystère ? Mais rien. Rien du tout.

J’allais cligner des yeux pour la première fois lorsque soudainement quelque chose s’est produit. Je tournais toujours, mais là, devant moi, au milieu du cadran, il y avait cette fille immobile, comme figée… Tandis qu’à l’entour, tout s’était suspendu. Ses robes à carreaux pastel, roses ou bleus, exhalaient un charme si désuet ! si charmant ! Des plissés-guirlandes s’entortillaient et des pans de tissus s’envolaient tout autour d’elle dans un ravissant souffle romantique.

Et puis j’ai trébuché sur un quelque chose. Un rapide coup d’œil par terre : ça n’était qu’un trottoir. Je suis retourné à ma montre. Mais la fille du cadran s’en était allée.

Hadrien Gonzales

Presse Stationservice

www.jantaminiau.com

Haute Couture Printemps Eté 2009