Jean Paul Gaultier

Personne ne coupe une veste mieux que Jean-Paul Gaultier : les nombreux passages de tailleurs et les variations sur le smoking le rappellent, avec leurs épaules acérées 80s. Personne, non plus, n’a aussi bien su reprendre à son compte l’architecture de volière de la lingerie, avec ses tensions et ses transparences, comme le démontrent une poignée de robes en tulle sur guêpières d’une structure étourdissante – par contraste, le long fourreau noir fluide à cravate porté par Inès de la Fressange fait figure de « si je veux, je peux » (faire parfaitement simple).

Un frémissement espagnol traverse la collection, portée par une cabine gominée-crantée et fardée mi-Carmen, mi-Joséphine Baker 1926 : témoins les volants de quelques robes du soir, la réinterprétation géométrique de la peineta et de la mantille, les tailleurs pantalons inspirés des habits de lumière, où une bande incrustée en dentelle remplace les broderies dorées, ou encore le pantalon à taille très haute et à bretelles sur chemise blanche qui rappelle la tenue des toreros à cheval. Référence qui revient périodiquement dans la mode depuis le début du 20ème siècle (mais qui peut, pour qui l’a vécue évoquer la vogue nîmoise des 80s). Sans la moindre nostalgie : ce n’est pas là le fonds de commerce de Gaultier.

S’il semble avoir corseté son exubérance en se limitant à une palette noire et blanche (avec à peine une touche de rouge ou d’ocre-chair lingerie), c’est pour mieux exalter le dessin.

Denyse Beaulieu

Photos Olivier Rollerwww.olivierroller.com

Presse Jelka Music

Haute Couture Printemps Eté 2009